03 Mar

Jour #1 de l’expédition – Je regrette?

La Jeep repars… nous sommes officiellement seul contre la nature, ou devrais-je dire avec la nature. Nous mettons nos sac sur notre dos et commençons à descendre vers cette rivière dégringolant à toute vitesse dans les montagnes. Duncan, notre guide, nous explique que nous devrons suivre cette rivière qui nous mènera éventuellement à la mer. Notre plan: Descendre le canyon jusqu’à la rivière principale, se fabriquer un radeau et se laisser dériver jusqu’à l’embouchure de la mer. 30 km au total à faire, que nous espérons compléter en 7-8 jours.

Le petit bémol, les premiers kilomètres seront les plus difficiles, car il y a de très grands dénivelés à couvrir. Petit calcul mental rapide : Dénivelé=hauteur=grosses cascades=DANGER …. En effet, très rapidement, nous nous sommes rendus compte que la rivière dans laquelle nous marchions devenait de plus en plus inclinée pour finalement aboutir à une première cascade de 20 mètres de haut. Épreuve #1 de notre expédition. C’est ce qu’on peut appeler un début assez intense. Impossible de passer par la jungle, trop dense et terrain trop escarpé. Il n’y a pas d’autre choix que de trouver un moyen de ne pas se blesser lors de notre descente dans la cascade.

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Nous sommes perchés sur un rocher au sommet de cette fameuse cascade. Je regarde le débit d’eau, l’étroit corridor, les roches, les parois mouillées et recouvertes de mousses vertes… humm… j’ai un doute que cela soit possible. Une chute serait mortelle. Rien n’arrête Duncan, que je surnommerai Indiana Jones #2 à la fin du trek. Nous décidons donc de l’envoyer en éclaireur sans sac à dos pour vérifier la faisabilité du projet. Il réussi à se rendre dans le bassin du bas et nous fait signe d’y aller un à la suite des autres sans nos sac à dos et nous ferons une chaîne humaine pour passer les sacs par la suite. Nous emballons donc tous les sacs à dos dans des sacs de poubelle noirs qui leurs permettront de flotter un peu et de les protéger de l’eau.

Ma soeur s’avance, elle descend de peine et de misère dans cet étroit corridor, elle se place au bas de la cascade pour recevoir les sacs. Je seconde et je me retrouve au dessus de la cascade, le pied gauche sur la paroi et le droit sur l’autre côté de la paroi. Une position peu sécuritaire qui me permettra de recevoir les sacs et de les passer à ma soeur. Nous sommes donc tous en position; un premier sac est passé à mon ami Francis. Le sac est trop lourd et au moment où il essaie de me le passer, il tombe à l’eau… Les nombreuses roches ont toute de suite raison du “super” sac de poubelle, l’eau entre automatiquement à l’intérieur. Duncan qui est plus bas réussi à le rattraper, mais il est trop tard le sac est complètement détrempé. Nous comprenons donc qu’il sera plutôt impossible de passer les sacs. Alors, nous décidons de les lancer en bas de la cascade et de les récupérer plus loin. Adieu vêtements et hamac secs…..Je suis déjà complètement trempée, j’ai froid, je grelotte et maintenant je n’ai plus aucun espoir de pouvoir me réchauffer avec de bons vêtements chauds ce soir. Ouf, dure sur le moral, surtout considérant que c’est la première journée d’un long trek..

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Nous avançons difficilement dans l’eau, sac au bout de nos bras. J’en ai jusqu’au coup et quelque fois je dois nager. J’aperçois une mini plage de sable dans le tournant! Super! Nous pourrons déposer nos sacs là et se reposer un peu. ERREUR! C’est un nid de fourmis rouge!!!!! ARGGGGHHH!!!! Trop tard, mon sac est déjà posé et il est complètement envahi ainsi que mes jambes! Vision d’horreur, je panique. Elles piquent et ça fait mal!!!! Mon guide me dit de fuir le plus rapidement possible et de prendre mon sac.
-Je ne peux pas le prendre, Duncan!!! Il est plein de fourmis!!!!
-Prend le et met le dans l’eau, les fourmis sortiront du sac!!
Ma soeur et moi on se bat pour fouetter les fourmis et finalement je dois quand même le remettre sur mon dos en sachant qu’il doit rester au moins une cinquantaine à l’intérieur qui sortiront pendant que je marcherai et viendront peut-être me piquer… Bon, on va se le dire, JE NE SUIS PAS ALAISE DU TOUT!!!!! Je les imagine dans mes vêtements, dans mon hamac, dans ma nourriture..
Je prend une bonne respiration et je me dis qu’il y a pire et que je suis au moins encore vivante!!

C’est repartit dans le canyon, à descendre des cascades, les contourner quand on le peut, par la jungle. Il est presque 4 heures.. toujours aucun endroit en vue pour établir un petit campement. On doit accélérer le pas, on ne peut rester ici car les côtés sont encore trop escarpées. Pour vous donner une idée: C’est comme essayer de camper dans une pente de ski « double diamants pour experts ».. Pas facile! Le guide nous annonce que nous devrons escalader la montagne pour essayer de se trouver un plateau qui nous permettra d’établir notre campement et espérons le, avant la nuit tombée. Exténués, trempés, nos grimpons la montagne et MIRACLE! Un petit plateau étroit parfait pour accrocher nos hamacs et démarrer un feu! ENFIN!

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Établir un campement semble si simple, mais en fait c’est relativement long et non sans efforts! On grimpe dans les arbres comme de petits singes pour accrocher nos hamacs, cherchons du bois et des brindilles pour le feu, hachons des grosses bûches et finalement démarrons un feu et ce, sans allumettes! Il est finalement 8:00 pm lorsqu’enfin nous avons terminé d’accrocher nos vêtements pour qu’ils sèchent (*Petit clin d’oeil à mes vêtements IceBreaker: Ils sèchent tellement rapidement que grâce à eux, j’ai été la seule à pouvoir dormir au sec! Merci!!*), vider mon sac de toute fourmi, démarré un feu convenable et accrocher un hamac solidement. Le sac de riz et légumes avec les 2 petits oeufs est donc complètement engloutit en moins de 2 minutes et direction mon lit suspendu, pour une nuit qui sera à l’opposée du repos…

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